Vague orange sur le Bocage Normand.

mardi 10 juin 2014
par  Béatrice
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Il n’est pas dans les habitudes de nos associations (Val d’Orne Environnement, Environnement et vie en Pays de Briouze, Bio Sur Orne) d’alerter la population et les élus des menaces évidentes sur le Bocage Normand.

Un agriculteur picard exploitant sous une forme de société a repris en début d’année 2014 une exploitation laitière de 140 ha dans le bocage de la Suisse Normande.

Cet exploitant a commencé par épandre massivement du glyphosate (désherbant total) sur la majorité de l’exploitation. Ne tenant pas compte de l’arrêté préfectoral ornais du 28 juillet 2011 sur la protection des ressources en eau vis-à-vis des pesticides, il a traité en même temps que la végétation, les zones humides où le tracteur pouvait passer, les fossés remplis d’eau, les ruisseaux, les canaux collecteurs de drainage, les mares, les sources et les puits.

Si le glyphosate est réputé non toxique par ses fabricants, il est aussi considéré par les scientifiques des laboratoires qui ont travaillé sur ce produit comme perturbateur endocrinien, cancérigène, ayant des effets tératogènes sur les vertébrés…C’est la molécule la plus retrouvée dans les eaux de France (IFEN) et la station de purification des eaux de consommation humaine du SIAEP du Houlme, inaugurée au début de l’année 2014, située à un jet de pierre en amont du site concerné n’arrive pas à éliminer ce produit.

Il semblerait que cet agriculteur envisage de semer du maïs sur 130 ha de cette exploitation pour faire si possible du maïs grain. Pour cela il va labourer les prairies permanentes qui constituent plus de 50% de la surface de l’exploitation. Il essaie aussi de combler les zones humides, de poser quelques drains et de creuser des fossés pour assécher ces dernières, cela sans aucune demande d’autorisation ni déclaration à la DDT.(Direction Départementale des Territoires).

Les zones humides sont des milieux stratégiques pour la qualité de l’eau, des milieux indispensables à la régulation du cycle de l’eau (éponges naturelles, filtres naturels…) Ce sont des habitats d’une grande richesse biologique indispensables pour la préservation de la biodiversité : Selon le SAGE Orne Amont (14-6-2013)

  • 30% des espèces végétales remarquables/menacées vivent dans les zones humides.
  • 50% des espèces d’oiseaux ont besoin des zones humides pour s’alimenter, se reproduire ou nidifier.
  • 100% des poissons et batraciens ont besoin des milieux humides pour passer une partie ou totalité de leur vie. (SAGE Orne Amont 14-6-2013)

Il aurait pu prendre un minimum de précautions avant toute intervention sur une zone humide afin d’en limiter les impacts potentiels. On peut identifier les zones humides du territoire sur la base de la cartographie régionale des Zones Humides de la DREAL ou à partir des données complémentaires figurant dans les inventaires des SAGE. Les documents existent !

Et, que dire de ces prairies permanentes entourées de talus, de fossés, de haies, emblèmes du Bocage Normand et qui continuent de disparaitre. Le Bocage Normand est un élément à part entière du patrimoine et de l’identité de la Normandie. Quand dans la région aurons-nous une réflexion et une prise en compte de ce patrimoine exceptionnel dont la disparition génère une perte de la biodiversité et accroît les phénomènes d’érosion, de ruissellement, de crues…, contribuent à la dégradation de l’eau potable, à la dégradation de notre cadre de vie et par la même de notre santé

Même si les membres de nos associations ne sont pas d’accord avec la transformation du bocage en plaine (n’oublions pas que la Politique Agricole Commune favorise la destruction du bocage en subventionnant certaines pratiques), il est à noter que les agriculteurs du bocage respectent majoritairement la réglementation.
Il n’est donc pas acceptable qu’un agriculteur d’ici ou d’ailleurs pratique dans le bocage ces méthodes d’agriculture industrielle et outrepasse le droit.

« Seulement quand le dernier arbre aura été coupé, que la dernière rivière aura été empoisonnée, que le dernier poisson aura été capturé, alors seulement vous découvrirez que l’argent ne se mange pas. » Geronimo, Chef amérindien des Apaches (1829-1909).


Val d’Orne Environnement : Putanges Pont Ecrepin.

Environnement et Vie en Pays de Briouze : Briouze.

Bio Sur Orne : Argentan.


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