Un Producteur ...... 2006

dimanche 3 décembre 2006
par  BSO
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JOURNAL DE L’ORNE Jeudi 3 novembre 2005
Actualité

BRUNO ET MAUD MARIE DE SAINT-HILAIRE-DE-BRIOUZE, PRODUCTEURS BIO

La famille Marie... le sourire et la qualité du travail
dans leur démarche.

« On vend ce que l’on produit »

Le bio est pour Maud et Bruno Marie plus qu’une simple activité professionnelle. Bruno est devenu agriculteur par passion en 1993. Maud l’est devenue par amour, en 1995 « je me suis installée sans aucune aide finan­cière », précise t-elle.

Depuis cette date, leur dis­cours n’a pas changé : « on veut communiquer notre plaisir aux autres, ap­prendre aux gens à manger correctement à un prix moindre... »

- « Et juste », renchérit Bruno. Rencontrer les consommateurs, expliquer ce qu’ils produisent et donc ce qu’ils vendent, est devenu leur credo. « Nous faisions trois marchés par semaine : Briouze, Falaise et Putanges et c’est toujours agréable le contact. » Si Maud et Bruno parlent aujour­d’hui au passé, ils le doivent à un incendie en septembre dernier qui a réduit à néant de belles années d’engagement, notamment leur atelier de transformation de lait. La pro­duction de légumes d’hiver est aussi à oublier pour cette année. Mais, volontaires, le couple repart, de plus belle convaincu de la justesse de sa démarche. Leur engage­ment dans l’AMAP (associa­tion de maintien de l’agricul­ture paysanne) qui devrait voir le jour (voir par ailleurs) en est une preuve :
« Notre objectif est de ne faire que de la vente directe pour ré­duire les volumes, explique Bruno. Ce qui caractérise, en effet, chacun des producteurs partant dans cette aventure, n’est en effet pas « de s’en mettre plein les poches mais de vivre de notre mé­tier, sans plus. »

« Rien à cacher »

« A travers l’AMAP, nous voulons faire connaître nos produits aux clients et par­tager avec eux, en leur pro­posant un panier garni avec tout ce que l’on peut trou­ver : lait, viande, légumes... Pour le consommateur, c’est intéressant car il sait ce qu’il mange et pour le producteur également puis­qu’il a une sécurité de vente sur six mois ou un an. »

Réapprendre le goût des bonnes choses, mais aussi la saison des fruits et légumes est un travail de longue ha­leine. « Lorsque nous nous adressons aux enfants dans les écoles, nous re­marquons souvent qu’ils
sont attirés par les fruits et légumes avec zéro défaut. En un mot, il faut rééduquer les parents ! »

Le contact est donc essen­tiel pour expliquer qu’un litre de lait bio présente, selon la saison, une couleur diffé­rente, que les tomates qui ne doivent pas se trouver dans les assiettes l’hiver ne sont pas obligatoirement rondes et sans aspérité et que les esca­lopes de veau ne rétrécissent pas obligatoirement à la cuis­son. « C’est une question de nourriture bien sûr, mais aussi de conditions de vie. Nos veaux ne sont pas éle­vés à la chaîne. »

Toute cette communication qui peut parfois faire défaut aux producteurs, l’AMAP leur en donnera les moyens. « Les gens ne doivent pas avoir peur de leurs interdits, poursuit Maud, ni d’aller vers les producteurs ; nous n’avons rien à cacher. » Bio depuis 1977, après avoir mo­difié petit à petit l’alimentation de leurs animaux et aban­donné le maïs, le couple est en parfaite adéquation avec sa vision de l’agriculture. « Nous cherchions à faire disparaître les marges et à vivre en autonomie. » La vente directe de lait en bou­teille de verre (entier ou demi-écrémé sur commande) a été un premier pas important

« Nous livrons notre lait à domicile comme en Angle­terre ! » Cette façon de faire est aussi pour Maud un bon moyen de goûter aux joies du contact avec sa clientèle. « Contrairement à ce qui se passe en grandes surfaces, là, si le consommateur n’est pas content, il me le dira tout de suite. »

Contrairement aussi aux idées reçues, le lait en bou­teille à domicile présente un prix tout à fait abordable. Bon nombre de personnes dans les environs de Saint-Hilaire-de-Briouze l’ont compris. « Nous livrons en moyenne 120 litres de lait par se­maine... nous avons dans nos clients aussi bien un boulanger qu’un charcu­tier... »

Ce service, qui ne de­mande qu’à s’étendre, ne per­met cependant pas d’écouler toute la production « le sur­plus part en laiterie sans aucune distinction, car si nous sommes reconnus bio sur le plan administratif, nous ne le sommes pas sur le plan de la laiterie. Notre lait est donc mélangé avec d’autres. » La démarche de vente directe s’est étendue en 2002 à la viande que les consommateurs achètenl sous vide et peuvent com­mander « au détail ou en co­lis. »

Et ce serait dommage de s’en priver.

Chantai GANDAIS

REMARQUE

Maud et Bruno ont quitté notre département car ils n’ont pas réussi à se réinstaller dans la région après l’incendie de leur ferme mais ils ont beaucoup apporté lors des réunions de l’année 2005 pour la création de l’AMAP.
Leurs réflexions au cours de l’article sont à relire pour la vie de l’AMAP


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