Soirée Certification

Pour tout savoir sur le bio
jeudi 19 janvier 2012
par  Béatrice
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L’esprit bio... et la pratique

Une trentaine de personnes étaient présentes pour la première soirée sur la certification biologique organisée par l’association Bio Sur Orne en partenariat avec le GAB 61 et les Jardins dans la ville d’Argentan.

Grâce aux explications de Stéphanie Dutheil, animatrice au GAB 61 ainsi qu’aux producteurs présents, cette soirée aura été riche d’enseignements sur les pratiques des agriculteurs installés en bio, leur cahier des charges mais aussi la manière dont ils se font contrôler pour pouvoir être certifiés.

Ainsi, saviez-vous que la certification biologique a un coût ? pour les agriculteurs biologiques présents il leur en coûte entre 600 et 1000 euros par an. Les différences de prix s’expliquent principalement par le nombre de produits certifiés mais aussi s’il y a de la transformation en plus de la production (yahourts, pâtés, ou tout autres produits transformés...). Il existe également des coûts supplémentaires dans le bio simplement pour respecter certaines normes purement administratives : par exemple pour les étiquettes, le logo européen doit forcément apparaître dans une certaine teinte de vert, à côté du noir des écritures. Et à partir du moment où les étiquettes sont imprimées avec plusieurs couleurs, cela augmente le prix de fabrication... c’est un détail, mais qui a son importance dans le coût de revient des produits...

Et saviez-vous que lors d’un contrôle, en plus de la vérification de tous les achats effectués (contrôle notamment des factures, des lieux de stockage...), des échantillons de terre, fromage, mais aussi de pommes ou de feuilles d’arbres peuvent être prélevés pour analyser et vérifier s’il y a des résidus de pesticides ?
C’est ce que nous a appris Sylvie Epault, installée en bio depuis 5 ans à Guerquesalles.

Mais au-delà de la non-utilisation de produits chimiques, c’est toute la pratique des agriculteurs bio qui est spécifique... Pourtant, ce n’est pas forcément évident de mettre en évidence ces pratiques.
Par exemple, prenons les vaches. Tout le monde sait que les vaches mangent de l’herbe ; rien d’étonnant quand Mme Epault nous explique que les siennes sont à l’herbe toute l’année.
C’est évident. Et les publicités n’hésitent pas à nous montrer des belles vaches bien grasses sur l’herbe verte... Comme disent certains, avant, tout le monde faisait de la bio ! oui et toutes les vaches mangeaient de l’herbe... sauf qu’aujourd’hui, derrière les publicités se cache une toute autre réalité : sans aller jusqu’aux farines animales (on en est allé jusqu’à donner de la viande aux vaches, des herbivores !!), les vaches sont souvent nourries avec... des céréales (du maïs ou du soja) ; souvent des céréales importées ; produites en partie dans une zone de forêt qui a été détruite pour y installer des grandes cultures ; et une grande partie de ces céréales cultivées et importées sont des OGM.
Alors, non, malheureusement les vaches ne mangent pas forcément de l’herbe ; sauf en bio, c’est encore obligatoire dans le cahier des charges... heureusement !

Avec les nouveaux modes de production industrielle, les consommateurs ont oublié que le goût des produits laitiers variait en fonction des saisons... et même qu’il y avait des saisons pour les produits laitiers ! c’est ce que nous a rappelé Stéphane Coullard, producteur de fromage et viande de brebis : l’hiver, ses brebis ne produisent plus de lait. Il faut attendre qu’elles mettent bas (vers le printemps) ; et comme en bio il n’y a pas de synchronisation des naissances avec des éponges remplies d’hormones (qui servent à synchroniser les chaleurs), ni de forçage de la reproduction au rythme de 3 naissances en 2 ans, il y a des pauses dans la (re)production. Pas de fromages frais l’hiver ! Mais on est d’autant plus heureux de le retrouver au printemps !!

Pour qu’un produit soit certifié, ce n’est pas si simple. Pour pouvoir apposer le logo bio sur le produit, il ne suffit pas de produire bio. il faut aussi transformer bio : par exemple pour la confection de leur pâté, Pascal et Colette Sauvage doivent évidemment nourrir leur cochon avec de l’alimentation bio ; une partie doit obligatoirement être produite sur leur ferme ou dans les environs (d’où, quand on achète bio local, la certitude que même la base de l’alimentation des animaux est de proximité) ; mais il faut encore faire appel ensuite à un abattoir qui est certifié bio ; et la fabrication du pâté doit se faire elle aussi dans un atelier certifié bio, tous les ingrédients devant être certifiés et les producteurs devant pouvoir prouver tous ces éléments évidemment...

Au delà de la pratique, les personnes présentes ce soir ont pu voir que cultiver bio, c’est un engagement global (documents administratifs supplémentaires à remplir, demande de certification à renouveler tous les ans, coût financier...) mais c’est surtout une manière globale de penser et d’être...


A l’issue de la soirée, de nombreuses questions restaient en suspens et auraient nécessité du temps pour être approfondie... alors une prochaine soirée sur la certification est déjà en réflexion !


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